Incubation

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Etymologie

incubare = se coucher

Pratique antique

Ce rite consistait à se rendre en pèlerinage dans un lieu sacré ou dans un temple, à s'y coucher, à s'y endormir et à attendre de la divinité consultée qu'elle envoie, porteur d'un message ou d'une révélation, le rêve qui lui était demandé.

Employée peut-être dès le Pléistocène et en tout cas en Assyrie-Babylonie, en Egypte, elle eut dans le monde grec et romain une aire de diffusion considérable à la fois dans l'espace et dans le temps, tout en se resserrant, nous rechercherons plus bas pourquoi, autour de la divination — on pourrait même dire de la consultation — médicale dans les temples d'Asclépios, l'Esculape des Latins.

Elle fut une des dernières institutions du paganisme à demeurer debout, après avoir eu, durant un millénaire, des centaines de temples 4, dont les plus célèbres étaient ceux d'Epidaure, d'Athènes, de Cos, de Pergame, de Rome.

Les prêtres ordonnent à quiconque vient pour avoir une réponse, de s'abstenir de nourriture pendant un jour, et de vin pendant trois jours[1]

Des ablutions venaient compléter cette préparation générale, et elles se faisaient soit à des fontaines, soit par des bains de mer ou de rivière, et presque toujours à l'eau froide.

Les inscriptions retrouvées à Épidaure et publiées dans le livre de Defrasse et Lechat sont en effet purement et simplement miraculeuses ; le schéma en est le suivant : un malade rêve qu'il est guéri de sa paralysie ou de sa cécité et le lendemain à son réveil, il se meut ou voit autant que l'on peut désirer ; par exemple, un certain Clinatas de Thèbes, malencontreusement couvert de poux, rêve que le dieu le dévêt, prend un balai et le débarrasse ainsi de sa vermine, et il se retrouve en effet le lendemain matin délivré de ses infects parasites. Le rêve est thérapeutique en lui-même.

Celles que l'on lit dans l'île du Tibre indiquent non plus une guérison immédiate, mais un début de consultation médicale : ce qu'Esculape apporte, ce sont maintenant des remèdes ou des actes propitiatoires. C'est ainsi qu'un certain Gaïus reçut le conseil, afin de recouvrer la vue, de se rendre à l'autel, d'y adresser des prières, de traverser le temple de droite à gauche, de poser sa main sur l'autel, puis de la lever et de la placer sur ses yeux, ou qu'un certain fils de Lucius reçut l'ordre pour obtenir la guérison de la pleurésie dont il était atteint de prendre de la cendre sur l'autel, de la mêler avec du vin et de se l'appliquer sur le côté[2]


En Grèce, on la rencontrait non seulement dans la consultation des divinités chthoniennes, telles qu'Amphiaraos ou Trophonios, mais aussi d'une foule d'autres divinités : le temple de Pasiphaé, près de Sparte, était fréquenté par les magistrats de la cité, qui s'y rendaient pour y recevoir en songe des indications sur la conduite des affaires publiques ; à Dodone, des prêtres, étendus sur des peaux de bêtes, s'y adonnaient et le culte semble aussi avoir été pratiqué à Olympie et Claros, peut-être aussi à Delphes, à sa période originelle 79, ainsi qu'il a été noté plus haut.

Sources

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bude_0004-5527_1960_num_1_3_3909

<references>

  1. Philostrate, Apollonius de Tyane, sa vie, ses voyages, ses prodiges, II, 27, trad. Chassang, Didier, Paris, 1862
  2. K. Sprengel, op. cit., t. I, chap. V ; M. Besnier, L'île Tïbêrine dans l'antiquité, p. 214 sq.