Hécate (Texte de Stewart Farrar)

De Wiccapedia

Hécate

Stewart Farrar

Traduction Tof


Hécate est à la fois la Déesse de la Lune, des Enfers et de la Magie. Elle est d’origine Thrace et est plus ancienne que les Dieux Olympiens mais comme d’autres déités primordiales elle a été absorbée dans le panthéon classique grec (ainsi que dans le panthéon romain). Elle a pris part à la guerre des Dieux Olympiens contre les Géants. Elle est la fille de deux Titans, Persès et Astéria (tous deux symboles de lumière brillante), on en a fait ensuite la fille de Zeus et Héra ainsi que l’une des nombreuses maîtresses d’Hermès.

Elle n’a jamais vécu sur l’Olympe, elle résidait dans les Enfers aux côtés d’Hadès et Perséphone et de déités mineures comme Thanatos (la Mort), Hypnos (le Sommeil) et Morphée (les Rêves). Mais comme Perséphone elle a aussi du pouvoir ailleurs. Alors que Perséphone, fille et alter ego de la Mère Blé, fertilise la Terre chaque printemps, Hécate régnait dans le ciel nocturne et sur la Terre elle était la protectrice des troupeaux, des marins et bien sûr des sorcières.

Alors que Perséphone est le lien lumineux entre les Enfers et la Terre, Hécate était le lien sombre. Le lac Averno en Campanie était réputé être un des passages vers le royaume des ombres. Les collines qui l’entourent étaient recouvertes d’arbres sacrés pour Hécate et percées de grottes par lesquelles les âmes des morts étaient convoquées. La chouette nocturne était son messager. L’if noir, le saule et l’osier sont ses arbres. Les balais de sorcières sont traditionnellement liés avec de l’osier, sinon on dit qu’ils sont inefficaces.

De toutes les Déesses grecques elle est celle qui est le plus ostensiblement triple. Elle est dans le même temps les trois phases de la Lune et en particulier sa phase sombre. Diane, Proserpine, Hécate formaient la « Diana Triformis » des romains (en Grèce il s’agissait d’Artémis, Perséphone et Hécate).

Elle était représentée par trois personnages féminins ou une femme avec trois têtes d’animaux – un cheval, un chien et un sanglier - ou parfois trois chevaux. Dans son livre « Witches », T.C. Lethbridge suggère que cela représentait l’amalgame des animaux-totem de son passé primordial. Les chiens lui étaient tout spécialement associés (peut être à cause de leur habitude de hurler à la lune et de leur habilité à suivre une piste). On la représente parfois sous l’apparence d’une chienne qui met bas et elle partage avec le Herne du Nord la réputation de conduire la Chasse Sauvage nocturne des chiens fantômes.

Pour les Grecs et les Romains elle était la Déesse des croisements, là où le voyageur était confronté à un choix triple. On y voyait des statues d’Hécate et des offrandes en nourriture, le « souper d’Hécate » y étaient laissées au cœur de la nuit sous la pleine lune. Celui qui laissait la nourriture s’en allait sans se retourner et personne n’osait regarder en face l’effrayante Déesse.

En Grèce, le 13 août son festival annuel (et celui de Diane à Rome) avait pour but de s’attirer ses faveurs, de protéger les récoltes des destructions liées aux tempêtes que la lune pouvait envoyer à cette période de l’année.

Elle hantait également les cimetières et les lieux où il y avait eu des crimes – puisqu’elle était une Déesse d’expiation et de purification.

Hécate est la Sombre Mère aux sens à la fois positif et apparemment négatif. Elle peut envoyer des démons pour tourmenter les rêves des hommes, elle peut les rendre fous s’ils ne sont pas capables de lui faire face. Mais à ceux qui osent l’accueillir, elle apporte l’inspiration créative. Elle est Hécate Antéa, celle qui envoie les Visions Nocturnes et comme il est courant chez les Déesses Lunaires, elle a un fils, Muséos, l’homme-muse.

Pour la divination les Grecs utilisaient un objet appelé le « Cercle d’Hécate », une sphère dorée au sein de laquelle était caché un saphir – sa Lune mystérieuse cache la graine lumineuse de la compréhension.

La torche est son symbole car la Sombre Mère porte aussi la lumière qui illumine l’Inconscient et révèle ses trésors.

Comme toujours Shakespeare savait de quoi il parlait. La déité de ses sorcières n’était pas Satan, comme l’affirmaient les autorités contemporaines, mais la Sombre Déesse dont la fonction paradoxale est de percer les ténèbres, d’apporter des visions, de faire revivre le passé, d’illuminer le présent et d’avertir ou faire des promesses quant au futur – la déesse des croisements éclairés par la lune, Hécate aux Trois Visages.